Varanasi – Bénarès : l’Ind(igestion)

10 07 2008

Dix jours à l’autre bout de l’Inde, partie II.

Après une nuit de sommeil le ventre vide dans le train, notre joyeuse troupe arriva à Bénarès, très sainte ville de l’hindouisme : en effet, mourir à Bénarès vous offre une occasion unique et inespérée de briser l’affreux cycle des réincarnations et d’atteindre la mokcha (délivrance). C’est un peu comme si on doublait tout le monde dans la file à la boulangerie du ciel pour aller prendre son pain bénit.
Et ce qu’il y a de sacré, à Bénarès, c’est surtout le Gange. On vient s’y laver de ses petits et gros péchés ; “l’Amrita”, ou élixir de vie (l’eau du Gange), amènerait pureté et une vie meilleure après la mort.

Bon.

Sacrée, pure… sacrément sale et polluée, oui !

Nous sommes restés quelques jours à Bénarès, et on peut dire que l’on s’est pris un bon bol d’Inde dans les narines à cette occasion.

Les rues sont sales, très sales. Vaches et autres animaux (chiens, poules, canards…) se baladent dans les ruelles ou sur les ghats. J’insiste sur le fait que comme c’est une ville sacrée, il y a beaucoup de vaches. Pour être un tantinet plus clair, on patauge un peu dans la merde, et on a le nez dans le cul de vaches. Voilà, ça c’est dit. Certaines rues ne sont même pas dallées, parce que la boue, c’est quand même vachement (sacrément ?) mieux.

Après avoir emménagé dans un hôtel très sympa pour 350 roupies la nuit, nous nous sommes aventurés sur les ghats – « marches » en hindi – le premier jour. Nous avons assisté à des cérémonies religieuses dont le sens m’échappe complètement, mais qui ont été immortalisées par une vidéo sur Picasa.
Si on parcourt le bord du fleuve, on trouve donc des marches, encore des marches, des temples, toujours des marches, des escaliers qui s’entremêlent, sur lesquelles on se fait alpaguer par des petites vendeuses de fleurs, des bateliers, des masseurs, etc. Du gris et du marron, mais aussi beaucoup de couleurs, et un vague brouillard persistant.

Le point positif, c’est que c’est très joli, et particulièrement photogénique. La preuve ici.

Deuxième jour … temples ! Rien de nouveau ni d’affolant.

Troisième et dernier jour, dit « le jour de trop ».

La mère de Kama est restée à l’hôtel, ne pouvant plus supporter la misère et la saleté.
Kama, son père et moi avons retenté le Gange, notamment pour aller nous faire masser sur le main ghat – ce que nous avons fait, à même les marches !

Il faut parler des ghats crématoires. J’en ai vu deux, un principal et un secondaire, il y en a peut-être d’autres plus loin. Comment cela se passe-t-il ? En théorie, le mort est amené sur un bûcher au bord du fleuve enveloppé dans un linge décoré. Les hommes suivent, les femmes n’assistent pas à la cérémonie. (Ca chiale les bonnes femmes, enfin!) Un des hommes, celui qui est considéré comme le plus proche du mort, a les cheveux rasés en signe de deuil. Le corps est arrosé d’eau du Gange, le cortège tourne à plusieurs reprises autour du bûcher, incantations, hommage. Puis le bûcher est allumé. Quelques heures plus tard, les cendres sont ramassées et jetées dans le Gange.

En pratique, maintenant, il se trouve que les ghats crématoires sont très surchargées à Bénarès, et que de plus le bois se fait cher. Il en résulte, outre l’odeur de barbecue assez ragoutante, que d’aucuns ne sont franchement pas suffisamment calcinés.

S’en suivent deux images très agréables qui me trottent dans la tête…

Promenade en barque sur le Gange, le premier jour. Bing. Une des rames vient de heurter quelque chose. C’était un crâne.

Troisième jour, & retour de la narration. Un homme pauvre et seul, enveloppé dans un seul drap blanc, est brûlé sur brasier reconstitué à partir des restes fumants d’un autre. Nous sommes passés devant la crémation une première fois à son début, avant notre massage, et sommes repassés une seconde fois ensuite. Comme il n’y avait pas assez de bois, la tête et les pieds n’avaient pas brûlé, et restaient à pendouiller sur un squelette toujours intact. Le drap avait partiellement brûlé, lui. Et cette odeur de chair grillée…

C’en fut trop. Je rentrai à l’hôtel, me déshabillai prestement, enfouis short chemise et boxer dans une sac plastique dûment fermé, et pris une énergique douche avec triple dose de savon, double lavage de dent, et shampoinage en règle.

Kama et son père firent de même quelque temps après. Il semble que les bouts de corps aient été rassemblés dans un linge, puis jetés dans le Gange par le prêtre, qui lui tournait le dos.

En chemin, j’ai pris cette ultime photo (dans l’album) d’un chien jouant avec un crâne sur un ghat.

Les hommes et les femmes se baignent dans le Gange. Ils lavent leur linge dans le Gange, linge qui est ensuite étendu sur les marches – sales – où il est foulé par les vaches. Ils prêchent et pêchent dans le Gange. Et ils jettent leurs morts à moitié calcinés au même endroit, ou à vingt mètres. C’est dégoutant.

« La concentration en coliformes fécaux est entre 2 000 et 4 000 fois supérieure à la limite recommandée par l’OMS pour une baignade sans danger. Bien qu’on ne sache pas avec précision l’impact que cela a sur la population, une étude récente estime que 66 % des habitants de la ville ayant un contact quotidien avec le fleuve souffrent de gastro-entérite aiguë, de dysenterie, de typhoïde, d’hépatite A ou même de choléra. » Source .

C’est un défi à l’hygiène la plus élémentaire. La foi hindoue, à cet endroit, devrait être sérieusement plus soumise au bon sens. Et je pense, pour finir, qu’aller à Bénarès une fois par réincarnation suffit amplement. C’était très fort, très impressionnant, et complètement surréaliste.

Nous n’étions pas mécontents de partir pour Delhi, d’où nous avons rejoint Bombay, puis Pune.





Just 23.

2 07 2008

Avec plus de fleurs !

Thank you so much, all of you.

Pictures here.





Indian Railways

2 07 2008

Quelques mots sur le réseau ferré indien.

En Inde, un train n’a pas un numéro, il a un nom, une personnalité. (Si vous voulez disserter de ce en quoi un nom propre accorde une personnalité, je vous en laisse l’opportunité en commentaire).

Donc, des trains. Beaucoup de trains. Ce doit être le plus dense réseau au monde, il y a un train qui va de n’importe où à n’importe où… il faut et il suffit de ne pas être pressé. Par exemple, il y a un train de Pune à Calcutta, qui met trente-six heures, ET qui a l’insigne mérite de faire ce trajet. Et ce n’est pas le pire.



Et quels trains, me direz-vous ?

De longs trains, avec moult wagons et force victuailles !
Il existe plusieurs classes dans les trains, et la plupart des trains possèdent à peu près toutes les classes. Pour parler des trains de nuit, on peut commencer par l’AC1 – la plus luxueuse. Air climatisé, deux lits par cabine, qui sont fermées. Aussi cher que l’avion … ceux qui ont le temps prendront le train.

Viennent ensuite l’AC2, puis l’AC3 – respectivement deux lits l’un sur l’autre, puis trois. J’ai voyagé en AC3. Dans ces wagons, les couvertures, draps et oreillers sont fournis. Ambiance aussi chaude que la température…

Mais si vous voulez sauter du train en marche, c’est quand même possible!

Vient ensuite la sleeper class – non climatisée, plutôt trois fois moins chère que l’AC3. D’après celles et ceux qui l’ont pratiquée, beaucoup plus chaleureuse, conviviale, et tout aussi sûre.

Et ensuite ? Ensuite, il y a la general class. Et là, c’est le drame. Vous vous souvenez, en troisième, des images en noir et blanc de juifs parqués dans des wagons à bestiaux ? Ben ça me fait un peu penser à ça, à la différence notable que les gens y vont de leur propre chef. C’est relativement gratuit, me dois-je d’ajouter. Disons qu’il faut apprécier la chaleur humaine, et ne pas être trop susceptible sur les odeurs, surtout si l’on se retrouve durant vingt heures coincé entre la porte des toilettes et dix lower-class middle-age Indian men with moustache.

Normalement, dans tout train qui se respecte, on trouve un pantry car – wagon restaurant, qui distribue au voyageur de quoi se sustenter à l’indienne – omelette et chicken massala en tête, pour le non-veg.

Je dis normalement, parce que, ingénus que nous fûmes, notre petite troupe s’est engouffrée dans le Calcutta – Bénarès (qui était peut-être le HWH-DDN DOON EXPRESS) avec en tout et pour tout une demi bouteille d’eau pour quatre. Et quelle ne fut pas notre surprise lorsque nous nous aperçûmes que non, il n’y avait pas de pantry car, et que oui, nous étions coincés dans notre wagon AC3 au bout du train. Et durant les quelques arrêts de trois minutes, il pleuvait des trombes d’eau, et notre wagon était tellement loin du milieu du quai qu’il était raisonnablement impossible d’aller acheter quoi que ce fut. Donc, nous jeunâmes, dans la joie, l’allégresse, et les doucereuses complaintes stomacales.

Un petit addendum sur Howah Station, Kolkata. Howrah comporte vingt-six quais, répartis dans trois bâtiments, c’est un endroit absolument gigantesque et kafkaïen, qui grouille de gens, partout. Une des plus grandes gares d’Asie. A faire d’urgence, donc. Voir photo ci dessus.

Une expérience indienne ne saurait prétendre ni à l’authenticité ni à l’exhaustivité sans une expérimentation en bonne et due forme des chemins de fers indiens, dont je vous transmets donc le lien ici. A bon entendeur, salut !

Et bon courage pour la réservation !





Kolkata – Calcutta

1 07 2008

Dix jours de voyage à l’autre bout de l’Inde ! Partie 1.

Départ de Pune aux aurores le samedi quinze juin, direction, le bus pour Bombay, jusqu’à l’aéroport domestique. Envol et traversée de l’Inde, quelques mille sept cent kilomètres qui me mènent pour quelques jours à Calcutta, capitale du Bengale Occidental.

Nuages… C’est la mousson. Les rickshaws à bras et à vélo côtoient les auto-rickshaw et les taxis. Je devais retrouver les parents de Kama à Howrah station, une des plus grandes gares d’Asie, mais leur train a du retard. Je pars donc en quête d’une guest house dans le quartier touristique. Après quelques pérégrinations, je trouve deux chambres pour INR 300 chacune – pas cher, hein ?

Calcutta compte grossièrement entre douze et quatorze millions d’habitants. Elle a été officiellement renommée Kolkata en 1999. Ville pauvre et sale, elle est et demeure l’un des principaux foyers intellectuels, culturels et artistiques de l’Inde. Dans les rues de la vielle ville, on croise très peu de femmes, comparativement à Pune. Les hommes de la rue, eux, par contre, sont omniprésents, et y vivent littéralement.

Dimanche, ballade à pied dans l’immense parc du centre ville pour rejoindre le Victoria Memorial – petit joyaux d’architecture victorienne mêlé d’influences orientales, construit au début du XXème siècle, et remarquablement bien entretenu en comparaison des autres bâtiments du Raj Britannique. A l’intérieur se trouve un très intéressant musée expliquant l’histoire de la ville, pleinement imbriquée à celle de la colonisation.

Justement, je vais me fendre de quelques explications d’ordre historique, parce qu’après tout, la colonisation en Inde, ce n’est pas si évident.

Avertissement : ces explications sont une refonte de plusieurs sites ouaibe et de mes conversations sur le sujet, je m’excuse donc à l’avance en cas d’approximation ou d’inexactitude.

En 1690, Job Charnock, un fonctionnaire de la Compagnie des Indes britannique, reçoit la permission de construire une usine à Sutanati. En 1698 la Compagnie obtient le droit de collecter les impôts fonciers sur les villes de Sutanati, Kalikata et Govindapur. À cette occasion les trois cités sont réunies en une seule baptisée Calcutta.

La Compagnie construit un fort pour se protéger notamment des escarmouches (skirmich in English, please!) françaises, qui sera terminé en 1699 : ce sera Fort William. Calcutta prospère et devient un territoire (“presidency”) à part entière pour la Compagnie en 1707.

En 1717, profitant de l’affaiblissement de l’empire moghol, la Compagnie obtint les droits de commerce sur le Bengale. En 1735 la population s’élève alors à 100 000 habitants.

Petit à petit le nabab du Bengale affirme son indépendance vis-à-vis du pouvoir moghol. Le 20 juin 1756 le nouveau nabab, Siraj, attaque Calcutta et s’empare du Fort William.

[photo sans rapport avec l'énonciation, juste là pour aérer]

La Compagnie fait appel à Robert Clive qui dirige alors Madras. Le 2 janvier 1757 il reprend Calcutta aux côtés de l’Amiral Watson et le 23 juin il bat définitivement les troupes de Siraj lors de la bataille de Plassey.

En 1764, Mir Kasim, le nabab du Bengale s’allie avec l’empereur moghol Shah Alam et avec le nabab d’Oudh pour attaquer les anglais. Mais ces derniers mettent en déroute les troupes du nabab lors de la bataille de Buxar. Le 12 août 1765 Clive signe un traité grâce auquel l’Angleterre obtient la collecte des impôts au Bengale, en Orissa et au Bihar.

Calcutta devient la capitale de l’empire britannique en Inde. En 1772 Warren Hastings est nommé gouverneur du Bengale puis gouverneur général l’année suivante. La population compte alors 200 000 habitants. Les gouverneurs se succéderont ensuite, étendant un peu plus la domination anglaise sur l’Inde.

Au début du XIXe siècle, Calcutta est coupée en deux secteurs distincts – un Britannique, un Indien, connu sous le nom de « ville noire ». Déjà, la pauvreté des huttes « de la ville noire » est considérée comme choquante. La ville subit la croissance industrielle rapide des années 1850 (textile, jute) ; le réseau ferré et le télégraphe sont développés par le gouvernement britannique.

La coalescence [réunion d’éléments voisins, ndlr] des cultures britannique et indienne a eu comme conséquence l’apparition d’une nouvelle classe sociale, les « Babu », des bureaucrates indiens anglophiles souvent issus des hautes castes. Les relations entre les Britanniques et la population locale passaient principalement par ces intermédiaires. Cette barrière explique peut-être en partie que la culture britannique ne se soit pas propagée énormément dans la population.

En 1883, Surendranath Banerjea organise une conférence nationale – la première de sa sorte au Inde. Graduellement Calcutta devient un centre du mouvement indien de l’indépendance, à la tête duquel on retrouve notamment des érudits formés en Europe qui s’inspirent des luttes y ayant eu lieu et des idées révolutionnaires.

En 1905, le découpage du Bengale en deux régions distinctes par Lord Curzon a comme conséquence une agitation publique et le boycott des marchandises britanniques. Ces mouvements de protestation incitent les Anglais à déplacer la capitale à New Delhi en 1911.

Le port de la ville a été bombardé deux fois par les Japonais pendant la deuxième guerre mondiale. Pendant que des stocks de nourriture étaient détournés pour alimenter les troupes alliés, des millions de personnes sont mortes de faim pendant la famine du Bengale de 1943.

En 1946, les demandes de création d’un état musulman ont entrainé des violences entre les communautés. La partition des Indes (1947) créa également de nombreuses violences de nombreux mouvements démographiques – un grand nombre de musulmans pour le Pakistan Est (l’actuel Bangladesh), alors que les centaines de milliers d’hindous fuyaient dans la ville.

Au cours des années 1960 et des années 1970, les graves pannes électriques, les grèves et un mouvement violent de Marxistes-Maoïstes – les Naxalites – ont endommagé une grande partie de l’infrastructure de la ville.

En 1971, la guerre entre l’Inde et le Pakistan a amené des milliers de réfugiés à Calcutta.
La situation s’est peu à peu améliorée, et l’économie de Calcutta surfe aujourd’hui, comme celle des autres métropoles indiennes, sur la vague des nouvelles technologies, accroissant tout autant les salaires des ingénieurs en informatique que les inégalités.

L’ex-capitale de du Raj britannique est considérée comme le foyer intellectuel de l’Inde, et demeure une ville dépositaire d’une identité politique, culturelle et artistique originale (dite bengali).

Calcutta est une des places fortes du communisme indien ; le CPI (Communist Party of India) dirige la ville et le Bengale, à la tête d’une coalition des forces de gauches, depuis plus de trente ans. Je ne sais pas exactement dans quelle mesure cette gestion diffère sensiblement de celle des autres villes, j’ai pu seulement observer une ville au réseau de transports en commun particulièrement bien développé, qui me semblait plus pauvre, et ce plus uniformément, que Pune ou Mumbai – en tout cas tout aussi corrompue. En guise d’anecdote, les premiers mots du – vieux – père d’une des amis de Kama à Calcutta, lorsque nous le rencontrâmes, conspuèrent les transformations actuelles, l’invasion de temples de la consommation (multiplex, centres commerciaux) dénaturant la ville, la course à l’enrichissement individuel et la paupérisation intellectuelle.

Pour revenir à notre voyage, le dimanche après midi, après le Victoria Memorial, les parents de Kama et moi-même nous rendîmes au sud de la ville pour visiter le temple de Kali, Kalighat. Dixit le Lonely Planet, d’après la légende, lorsque le corps de la femme de Shiva a été découpé, un de ses doigts est tombé à cet emplacement. D’où … un important lieu de pèlerinage. Cqfd.

Plongée dans la foi hindoue. Une foi qui ne sera pas immortalisée puisque photographier est interdit dans tous les temples que j’ai pu visiter. Il faut se déchausser à l’entrée du temple – la saleté à l’intérieur demeurant sensiblement la même qu’à l’extérieur, on s’entend. Charme commun à toutes les religions, l’esprit de contradiction : l’hindouisme promeut le végétarisme ; j’ai pu voir à Bénarès des découpes de fruits en guise de sacrifice ; et bien, tous les jours, au Kalighat, de petits chevreaux tout mignons sont égorgés pour apaiser le courroux de Kali, qui (toujours d’après le Lonely Planet) représente le côté destructeur de Shiva et demande donc des sacrifices quotidiens. On entre dans une cour intérieure ; sur un des côtés, l’autel sacrificiel, une mare de sang, quelques chevreaux qui patientent. L’atmosphère est saturée d’encens, et des indiens se pressent dans le bâtiment central pour voir quelques instants la statue de Kali recouverte de couronnes de fleurs, éphémères offrandes.

Je ne comprends pas. La ferveur hindoue m’est encore plus étrangère que la foi chrétienne, en ce que je n’en comprends pas les signes ; serait-ce dans une écrasante majorité de cas une foi de charbonnier, un mysticisme mêlé d’idolâtrie (Ganesh en plastique dans chaque voiture), d’incantations [je vous passe les adjectifs sur ce que je peux en penser] – mantras – et de superstitions ?

Le dimanche après midi, où une douche écossaise a quelque peu noyé mon planning, nous nous sommes retrouvés à visiter le QG des Missionnaires de la Charité… c’était fort intéressant. Il en résulte – conclusion – que mère Thérésa était une folle de Dieu, qui a transmué cette folie en don de soi envers les plus miséreux, ce qui est, en terme d’accomplissements concrets, plutôt une bonne chose pour les plus miséreux en question, qui en avaient et en ont toujours bien besoin. L’exposition dans le couvent est un monument apologétique à la gloire de Jésus Christ et de la Sainte Eglise apostolique et romaine, mais une discussion avec une missionnaire à la sortie permet de jauger un peu mieux des actions de ces frères et sœurs.
Il n’en demeure pas moins que je pense que ce genre d’initiatives louables et méritantes – j’entends par là la construction rationnelle et quotidienne de structures de solidarité – peut tout aussi bien être accompli sans aucun recours à une quelconque foi.

Le lundi, après une nuit de pluie, nous bravons les quelques grosses flaques qui barrent les routes (voir ci-dessus), et nous aventurons au nord, en direction du Belur Math, temple principal de la Rama Krishna Mission. Qu’est-ce que la Rama Krishna Mission ? Bonne question. A première vue, un mouvement religieux. Maintenant, il semblerait que se soit plutôt un mouvement de charité mystique mais pas religieux (m’assurent mes collègues) mené par des moines. Je dois admettre que même après avoir pris quelques renseignements, cela reste bien mystérieux pour moi.

Nous arrivons ensuite à un second temple de Kali, au nord de Kalkutta, où j’ai vu mon premier et unique lépreux (et encore, pas sûr). Et encore plein de gens, partout.
Et il y a aussi un gros lingam, et plein de petits lingam le long de la rivière.
Qu’est-ce qu’un lingam, cher public ? C’est une représentation du phallus de Shiva, crénom de non ! Laissons wikipédia nous éclairer de ses lumières : « durant la puja (la prière) le lingam est arrosé de lait, de miel ou de beurre clarifié (le ghi, qui sert aussi en cuisine), et reçoit des offrandes de fleurs, de fruits et de sucreries. Les lingam en activité doivent être maintenus humides. ». Voilà, ça, s’est fait.

Sinon, grand retour de Kama le lundi soir, revigoré par dix jours de Vipassana, rencontre de ses amis de tous âges – mais tous fort intéressants – et course à travers la ville pour chercher des bouquins dans les foires aux livres.

Ensuite, mercredi soir, nous partîmes pour Bénarès, cahin-caha, en train, de Howrah. Mais cela est une autre histoire…

Ci dessus, Saint Paul Cathedral.

Quelqu’un a entendu parler de Romain Rolland ?





Niouzes

30 06 2008

Je suis en dessous de tout, je sais, mais je vous promets que les articles sur Bénarès et Calcutta vont venir prochainement !!!!

Pour patienter, et parce que les affaires du monde intéressent tout à chacun, je copie ici une lettre d’Evo Morales aux députés européens concernant la directive européenne dite “directive retour” ; je trouve cette lettre assez éclairante.

Jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale, l’Europe fut un continent d’émigrants. Des dizaines de millions d’européens partirent aux Amériques pour coloniser, échapper aux famines, aux crises financières, aux guerres ou aux totalitarismes européens et à la persécution des minorités ethniques. Aujourd’hui, je suis avec préoccupation le processus de la dite « directive retour ». Le texte, validé le 5 juin dernier par les ministres de l’intérieur des 27 pays de l’Union Européenne, doit être voté le 18 juin au Parlement Européen. Je sens que se durcissent de manière drastique les conditions de détention et d’expulsion des migrants sans papier, quelle que soient leur temps de permanence dans les pays européens, leur situation de travail, leurs liens familiaux, leur volonté et leurs efforts d’intégration.

Les européens arrivèrent massivement en Amérique Latine et aux États-Unis, sans visas ni conditions imposées par les autorités. Ils furent toujours bienvenus et continuent de l’être dans nos pays du continent américain, qui alors absorbèrent la misère économique européenne et ses crises politiques. Ils vinrent sur notre continent pour exploiter les richesses et les transférer en Europe, avec un coût très élevé pour les populations indigènes d’Amérique. Comme c’est le cas de notre Cerro Rico de Potosi et de ses fabuleuses mines d’argent qui ont apporté la masse monétaire au continent européen du XVIème au XIXème siècle. Les personnes, les biens et les droits des migrants européens furent toujours respectés.

Aujourd’hui, l’Union Européenne est la destination principale des migrants du monde, conséquence de son image positive d’espace de prospérité et de libertés publiques. L’immense majorité des migrants va a l’UE pour contribuer à cette prospérité, et non pour en profiter. Ils occupent des postes dans les travaux publics, la construction, les services aux personnes et les hôpitaux, postes que ne peuvent ou ne veulent pas occuper les européens. Ils contribuent au dynamisme démographique du continent européen, à maintenir la relation entre actifs et inactifs que rendent possible vos généreux systèmes de sécurité sociale et ils dynamisent le marché interne et la cohésion sociale. Les migrants offrent une solution aux problèmes démographiques et financiers de l’UE.

Pour nous, nos migrants représentent l’aide au développement que les européens ne nous donnent pas –en effet, peu de pays atteignent réellement l’objectif minimum de 0.7 % de leur PIB pour l’aide au développement. L’Amérique Latine a reçu, en 2006, 68 000 millions de dollars de transferts de fonds, soit plus que le total des investissements étrangers dans nos pays. Au niveau mondial, ils atteignent 300 000 millions de dollars, dépassant les 104 000 millions accordés pour l’aide au développement. Mon propre pays, la Bolivie, reçoit plus de 10% du PIB en transferts (1 100 millions de dollars) ou un tiers de nos exportations annuelles de gaz naturel.

Cela signifie que les flux migratoires sont bénéfiques autant pour les Européens que pour nous autres du Tiers Monde, bien que de manière marginale puisque nous perdons également des contingents de main d’œuvre qualifiés qui se comptent par millions, et pour lesquels, d’une manière ou d’une autre, nos États, bien que pauvres, ont investi des ressources humaines et financières.

Lamentablement, le projet de « directive retour » complique terriblement cette réalité. Si nous concevons que chaque État ou groupe d’États peut définir ses politiques migratoires en toute souveraineté, nous ne pouvons accepter que les droits fondamentaux des personnes soient niés à nos compatriotes et frères latino-américains. La « directive retour » prévoit la possibilité d’un emprisonnement des migrants sans papier allant jusqu’à 18 mois avant leur expulsion – ou « éloignement », selon les termes de la directive. 18 mois ! Sans jugement ni justice ! Tel qu’il est aujourd’hui, le projet de texte de la directive viole clairement les articles 2, 3, 5, 6, 7, 8, et 9 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948. En particulier l’article 13 de la Déclaration annonce :

« 1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat.

2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. »

Et, le pire de tout, il existe la possibilité d’emprisonner des mères de familles et des mineurs, sans tenir compte de leur situation familiale ou scolaire, dans des centres d’internement où nous savons que les dépressions, les grèves de la faim et les suicides existent. Comment peut-on accepter sans réagir que soient concentrés dans des camps des compatriotes et frères latino-américains sans papier qui, pour une immense majorité ont passé des années à travailler et à s’intégrer ? De quel côté est aujourd’hui le devoir d’ingérence humanitaire ? Où est la « liberté de circuler », la protection contre l’emprisonnement arbitraire ?

Parallèlement, l’Union Européenne essaie de convaincre la Communauté Andine des Nations (Bolivie, Colombie, Equateur et Pérou) de signer un « Accord d’Association » qui comprend en troisième pilier, un Traité de Libre Commerce, de la même nature et contenu que ceux qu’imposent les États-Unis. Nous subissons une intense pression de la part de la Commission Européenne pour accepter des conditions de profonde libéralisation pour le commerce, les services financiers, la propriété intellectuelle ou nos services publics. De plus, au nom de la protection juridique, nous subissons des pressions à propos des processus de nationalisation de l’eau, du gaz et des télécommunications réalisés à l’occasion de la Journée Internationale des Travailleurs (1er mai – NDT). Je demande, dans ce cas, où est la « sécurité juridique » pour nos femmes, adolescents, enfants et travailleurs qui cherchent de meilleurs horizons en Europe ?

Promouvoir la libre circulation de marchandises et des finances, alors qu’en face nous assistons à l’emprisonnement sans procès pour nos frères qui essaient de circuler librement, c’est nier les fondements de la liberté et des droits démocratiques.

Dans ces conditions, si cette « directive retour » est approuvée, nous serions dans l’impossibilité éthique d’approfondir les négociations avec l’Union Européenne et nous nous réservons le droit de mettre en place pour les citoyens européens les mêmes obligations de visa imposées au Boliviens depuis le 1er avril 2007, selon le principe de réciprocité diplomatique. Nous ne l’avons pas exercé jusqu’à ce jour, justement dans l’espoir de voir de bon signaux de la part de l’UE.

Le monde, ses continents, ses océans et ses pôles, vivent d’importantes difficultés globales : le réchauffement climatique, la pollution, la disparition lente mais certaine des ressources énergétiques et de la biodiversité tandis qu’augmentent la faim et la pauvreté dans les pays, fragilisant nos sociétés. Faire des migrants, qu’ils soient avec ou sans papier, les boucs émissaires de ces problèmes globaux, n’est pas une solution. Cela ne correspond à aucune réalité. Les problèmes de cohésion sociale dont souffre l’Europe ne sont pas la faute des migrants, mais le résultat du modèle de développement imposé par le Nord, qui détruit la planète et démembre les sociétés des hommes.

Au nom du peuple de Bolivie, de tous mes frères du continent, de régions du monde telles que le Maghreb, de l’Asie et des pays d’Afrique, je lance un appel à la conscience des leaders et des députés européens, des peuples, citoyens et activistes d’Europe, pour que le texte de la « directive retour » ne soit pas approuvé.

Telle que nous la connaissons aujourd’hui, c’est une directive de la honte. J’appelle également l’Union Européenne à élaborer, dans les mois prochains, une politique migratoire respectueuse des droits humains qui permette de maintenir ce dynamisme profitable à nos deux continents et qui répare une fois pour toute la terrible dette historique, économique et écologique qu’ont les pays d’Europe envers une grande partie du Tiers Monde, qui referme une fois pour toute les veines toujours ouvertes de l’Amérique Latine. Vous ne pouvez rater aujourd’hui vos « politiques d’intégration » comme vous avez échoué avec votre prétendue « mission civilisatrice » du temps des colonies.

Recevez, chers tous, autorités, euro parlementaires, camarades, un fraternel salut depuis la Bolivie. Et en particulier, notre solidarité envers tous les « clandestins ».

Evo Morales Ayma
Président de la République de Bolivie





Hash & co.

9 06 2008

To hash :

tr.v., hashed, hash·ing, hash·es.

  1. To chop into pieces; mince.
  2. Informal. To make a mess of; mangle.

***

Comme vous pourrez le vérifier ici, Hash est un événement annuel et auto-organisé qui a lieu durant cette joyeuse période de pré-mousson. Grossièrement, l’idée est d’aller prendre l’air entre expatriés (i.e. entre gens de bonne compagnie ?) (*) dans un endroit préférentiellement paradisiaque (**) et dans une ambiance de colonie de vacances, pour décompresser de cet insoutenable quotidien indien.

Bref, un truc sympa, avec une concentration de têtes blondes inégalable à 200km à la ronde.

Il convient alors d’arriver (comme on le peut) jusqu’au point de rendez-vous, une verte vallée à deux heures de route de Pune, avec force victuailles, sans oublier ni les lunettes de soleil ni l’imperméable – on ne sait jamais. Là, une équipe surmotivée de cinq zouaves, principalement flamands, vous a concocté une chasse au trésor pas piquée des hannetons tricéphales, avec des épreuves, de la marche dans la boue, de l’aventure, de l’action, de l’humour, des rencontres… Le Club Med n’a qu’à aller se rhabiller.

La preuve :

La seconde partie est tout aussi intéressante – de mon point de vue – puisqu’il s’agit de partager autour d’un immense buffet mille et unes spécialités culinaires des quatre coins de l’Europe – et d’Inde, mais pas trop – Autant le dire tout de suite, je me suis gavé, et c’était très très bon. Puis, penauds mais heureux, nous regagnâmes nos pénates punoïtes.

Quant au temps qu’il fait, puisque je suis sûr que tout le monde s’interroge sur cette essentielle question, pour le moment, il fait bon, frais, il pleut, principalement de la bruine légère… comme en Bretagne ; j’ai enfin rayé “transpiration” de mon vocabulaire quotidien, ce qui n’est pas un mal.

Bis bald.

(*) tout cela fleure bon le post-colonialisme, bien entendu.

(**) : dans l’acception classique du terme : de la verdure, du calme, un lac, des montagnes, tout ça tout ça.

Point Santé.

Après avoir passé le vendredi après midi à l’hôpital (orthopédiste, radio, etc.) parce que je me suis compressé un nerf dans la jambe droite et que ça fait foutrement mal, j’ai eu la bonne idée de me planter une épine dans le pied gauche pendant Hash, ce qui n’est pas très adroit – la mégère a tout de même poussé le vice jusqu’à transpercer ma chaussure. Bref, on ne change pas une équipe qui gagne. Ceci dit, les deux soucis sont résolus, donc ça va beaucoup mieux.





Miscellanées IV

3 06 2008

Les auto-rickchaw, c’est très bien… mais on a quand même un peu l’impression d’aller travailler en auto-tamponneuse tous les matins.

*

Mon colocataire est malade. Mêmes symptômes que moi la semaine dernière, donc je mise sur une sympathique intoxication alimentaire de niveau 3. Malgré tout, l’entendre marmonner “this fucking Indian food pisses me off” avec son accent irlandais, ça m’éclate. C’est pas gentil, hein ?

*

Les photos de l’appartement sont enfin arrivées ! Quel appartement ? Mais mon appartement, enfin ! Voir le lien à droite.

*

On croise beaucoup de gens avec une jambe plus courte que l’autre, enfin, paralysée (je n’ai pas été vérifier). Pourquoi donc ? Est-ce génétique ? Non, d’après mes informations, c’est la polio ! Parce que la vaccination, c’est comme les antibiotiques, c’est pas automatique. (En Inde, on a le droit d’être cynique).

Plus sérieusement, c’est foutrement pas drôle, comme maladie, et l’Inde est un des derniers foyers d’infection.

*

Dans la bibliothèque de Nandita, notre bienfaitrice proprio professeur de français de son état, j’ai trouvé un bouquin, Génocidé, écrit par un rescapé du génocide rwandais. Pour celles et ceux qui avaient échappé au choc traumatique post “Hotel Rwanda”, je vais donc en rajouter une couche… En 1994, un million de morts tutsi en quatre mois, dans l’indifférence générale. Citation attribuée à F. MittérR*and “un génocide, dans ces pays là, ce n’est pas très important”. Un nouvel usage de la machette … oreilles, mains, jambes, visages coupés , ventres de femmes ouverts, têtes de bébés explosées contre les murs des églises, participation massive de la population hutu… C’est glauque, très très glauque.

*

Vous aurez remarqué que contrairement au jt de TF1, je ne termine pas mes posts par un clin d’oeil empli de nostalgie au dernier santonnier de Roquefort-la-Bédoule. (Prétérition) Allez, bonne journée les jeunes, soyez sages, productifs, constructifs et humains !





Preety woman…

2 06 2008

La version Bollywood de pretty woman, enfin dans vos oreilles !

Preety Woman

Pas la peine de me dire que ça vous manquait, je le sais déjà.





Ellora et Ajanta

1 06 2008

Hello World

J’ai donc une semaine de retard sur l’exposé de mon week-end, mais c’est parce que j’ai eu bien des mésaventures…

Le week-end dernier, Ellora et Ajanta étaient au programme, et, il faut admettre que ces deux sites sont tout de même très impressionnants, même si pas particulièrement photogéniques.

Départ à 6h30, samedi matin, chaussés et sac-à-dossés comme il se doit, hop, six heures de bus nous attendent jusqu’à Aurangabad, à 220 km au nord est de Pune.

De là, nous rejoindrons Ellora le samedi, puis Ajanta le dimanche, avant de repartir, cahin-caha, à dos de bus non climatisé et aux amortisseurs plutôt défaillants, vers notre chère ville de Pune.

Mais qui ça « nous » ? Nous, ce sont Kama, Nedine, Stéphane et moi ; gaillard, intrépide et multinational quatuor.

Nedine est une très jolie sud-africaine, dont le charme n’a d’égal que la finesse, qui vient d’achever sa maîtrise de lettres, et se met à l’écriture. Elle a dans sa chambre (initialement au dessus de son lit) une sculpture castratrice au possible, une femme étêtée en papier mâché, aux bras et jambes en croix, avec des pics acérés à la place du sexe…

Stéphane est un ami mauricien de Kama, venu lui rendre visite pour quelques jours.

Reprenons.

Ellora, à 30km d’Aurangabad, rassemble une trentaine de grottes-temples bouddhistes, jaïns et hindu construits entre les 8ème et 12ème siècles, ainsi que le temple Kailasanatha, le plus grand monolithe du monde, taillé dans la pierre sur le flan de la colline durant plus d’un siècle. L’architecture est tout simplement bluffante.

Après Ellora, en fin de journée, nous avons entrepris l’épuisante escalade du château de Daulatabad. C’est un énorme monticule entouré de remparts, auquel les fortifications constituées au fil du temps et des prises successives donnent un air réellement impressionnant. Et l’ascension n’en finissait pas de finir… peut-être que l’idée (un peu gamine, j’avoue) (bon, ok, c’était mon idée) de grimper les escaliers quatre à quatre alors qu’il restait quinze minutes de marche n’était pas des plus brillantes, mais après tout… je ne savais pas qu’il restait autant de marches. Au final, goût de sang dans la gorge et gourdes vides, les deux non fumeurs arrivèrent on the top of the hill, suants et haletants, après avoir abandonné lâchement mais sûrement Nedine et Stéphane à mi parcours. De retour en bas, nous pûmes apprécier nos deux sirops de sucre de canne juste pressée chacun, avant de nous en retourner à Aurangabad pour la soirée.

Le lendemain, rebelote. Le site d’Ajanta est situé à 100km de taxi au nord est d’Aurangabad (soit trois heures de route).

Cette fois, une vingtaine de grottes-temples bouddhistes, dont certains primitifs, datent du IIème siècle avJC. On les reconnaît car le Bouddha n’y est pas représenté, au centre du temple trône une espèce de grosse boule.

Les caves de la vallée d’Ajanta sont plus impressionnantes que celles d’Ellora, me semble-t-il. On peut y admirer de nombreuses fresques, plutôt bien conservées.

Au centre, le Bouddha apparaît au fil des siècles, tout d’abord sous la grosse boule, puis tout seul, au fond de la salle principale, assis en tailleur, comptant les huit étapes de l’existence.

Puis, il fallu repartir, jusqu’à Aurangabad tout d’abord, puis jusqu’à Pune… et ce ne fut pas une mince affaire…

Enfin, je crois qu’on s’est tous bien amusés, et qu’on a vu du pays, dont de fort jolies choses.

Les chiffres du week-end :

- 21, comme vingt et une heures de transports (roughly) sur deux jours.

- 25, comme 250/10, le ratio du prix que moi, blanc, j’ai du payer pour visiter Ajanta, par rapport à chacun de mes camarades, qui, bien qu’il fussent tout aussi indiens que moi, surent être plus convaincants en terme de couleur de peau.

- 200 Rs. Comme le prix d’un voyage en bus non climatisé (et non amorti) de 220 km entre Aurangabad et Pune. Comptez sept bonnes heures ; sans supplément, l’arrêt dans les stations service indiennes dont l’hygiène des toilettes n’avait d’égal que ce que m’inspirait la nourriture qu’on pouvait y acheter.

- 70, comme le nombre de décibels du film de Bollywood dans le bus du retour. Conseil d’ami : never forget the earplugs during a journey in India !

- 10, comme le nombre moyen de personnes par famille indienne se déplaçant à Ajanta et Ellora durant les week-ends.

Sinon, dans la catégorie « il fait bon être en Inde », et en guise d’explication de ce retard, je me suis choppé une petite intoxication alimentaire qui m’a très légèrement anéanti durant quelques jours – mais ça va mieux.

Sur le blog de Kama, un excellent article ici sur ce voyage (en anglais).





Interlude

21 05 2008

Ce matin, changement de paradigme. Jérémy réalise que “pancake”, ça veut dire “gâteau à la poêle”.

Sinon, très très accessoirement, je suis pris à Centrale Lille en 3A l’année prochaine, et ça, c’est quand même cool.