Ah, et puis j’ai oublié d’écrire ça aujourd’hui…
15 05 2008Après une nuit de réflexion, Eamon et moi nous sommes mis d’accord sur un appartement … celui que je préférais J, et pour cause : archicomplètement meublé, mais plus encore ! Fauteuils, canapé, rideaux, téléviseur, lecteur de dvd, ordinateur, internet, chaine hifi, coussinets moelleux sur lesquels s’affaler dans un espèce d’espace salon à l’indienne du genre « lit huit places », déco, lit, tout le nécessaire pour cuisiner, dvd-thèque, discothèque, bibliothèque franco-indienne bien fournie, dans un immeuble tranquille entouré de verdure, au beau milieu du quartier le plus agréable de Pune, en pleine ville, ce pour un prix des plus raisonnables, le tout à vingt-cinq minutes du bureau. Oui, c’est loué par une prof de français, ça aide.
Nous nous épargnons donc ce faisant les week-ends perdus à chercher des meubles, les soirées à batailler avec les entreprises indiennes pour faire ouvrir une ligne téléphonique, et autres emmerdements prospectifs. Nous nous épargnons aussi, ce qui est plutôt cool, les 500€ de frais d’agence immobilière ou de broker – le broker, c’est un type mi-mafioso, mi-vendeur, dont on obtient le numéro on ne sait trop comment, et qui vous emmène visiter des appartements parfois magnifiques, souvent glauques. Parce que tu croyais qu’il y avait des agences immobilières partout dans la ville, lecteur ? Ingénu que tu es…
Je n’ai toujours pas parlé de la situation des femmes, des puits de pauvreté qui continuent de persister (scolarisation arrêtée à huit ans pour aller rapporter dix roupies par jour à la famille, etc.), du système de castes, de ses lourdeurs. Par exemple, à l’université, un pourcentage d’admission est réservé aux « low-casts ». Mais les arcanes de ce système de castes demeurent assez impalpables pour moi… je n’y suis pas confronté directement. Si quelqu’un est intéressé par un rapport exhaustif sur les questions familiales, je lui conseille le site National Family Health Survey, India.
Pendant que j’y suis, petite publicité pour Breakthrough, l’ONG de Rashmi, qui s’occupe de promouvoir les droits humains dans les médias indiens. Une de leurs dernières campagnes télévisuelles met en scène des femmes qui attrapent le sida – à cause des infidélités de leur mari dans la plupart des cas – puis sont chassées par la famille de ce dernier à sa mort.
En rapport avec le bouquin dont j’ai mis un extrait dans le post précédent, il est intéressant de remarquer que les étudiants en sciences humaines, socio, philo, rencontrés se posent tout de suite la question suivante, doublée d’un avertissement : « Attention, dans quelle mesure l’étude Machin publiée par M. Dupont, auguste occidental, peut-elle s’appliquer à l’Inde ? Parce que tu comprends, c’est plus compliqué…». Disons-le tout net, c’est une bonne question. A laquelle je n’ai pas de réponse, mais qui permet d’aborder en douceur le thème des post-colonial studies, ou pourquoi en Inde tout est-il beaucoup plus compliqué ? En fait, je ne sais pas si je suis convaincu que tout soit vraiment plus et si compliqué, d’ailleurs les outils occidentaux (gros mot ?) de socio doivent aussi pouvoir s’appliquer… je pèche probablement par méconnaissance du sujet.
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Richesse du Monde, Pauvretés des Nations
15 05 2008Ce n’est pas parce que l’on est en vacances stage très loin qu’il faut arrêter de se documenter sur le monde qui nous entoure. Fort de cet adage (et riche de ma bourse de la région PACA, mais ça n’a rien à voir), je soumets à tes petits yeux et à ta raison souveraine, lectrice, lecteur, un extrait de ce livre :

« Si la peur de la mondialisation est partagée par une majorité d’électeurs, pourquoi s’accompagne-t-elle d’un tel doute politique sur leur propre capacité à en annuler les effets. Pourquoi cette même majorité ne pourrait-elle pas choisir d’engager tout à la fois l’économie sur une voie inégalitaire et le politique dans une voie redistributrice ?
Pour comprendre ce paradoxe, Raquel Fernandez et Dani Rodrik ont proposé un exemple qui témoigne parfaitement de la complexité de l’enjeu. Considérons tout d’abord une société constituée de cent personnes qui gagnent initialement un franc par an : la société ainsi décrite est parfaitement égalitaire et produit 100 francs chaque année. Interprétons maintenant la « mondialisation » (au sens large que nous lui avons donné : commerce et révolution industrielle) comme une transformation qui permettre à soixante personnes de doubler leur revenu, mais qui réduise aussi de moitié le revenu des quarante autres personnes ; La mondialisation produit un enrichissement inégal : elle accroît les inégalités, mais elle enrichit pourtant la société dans son ensemble puisque le revenu global passe de 100 avant mondialisation à 140 après (= 60 x 2 + 40 x 0.5). Une société qui serait « libre » de sa fiscalité choisirait de s’engager dans la mondialisation ; il suffirait en effet que ceux dont le revenu passe de 1 à 2 francs acceptent de compenser de 50 centimes (au moins) les perdants pour que tout le monde y trouve son compte.
Le problème est pourtant le suivant : si la société voulait bel et bien s’engager à l’avance à dédommager les perdants, rien n’oblige les gagnants à le faire après coup. Lorsque la mondialisation a produit ses effets, la société se trouve divisée en riches et en pauvres. Aussi longtemps que ceux qui bénéficient de la transformation sont majoritaires, rien ne les oblige politiquement à dédommager les perdants. Le consensus démocratique exclura les « perdants » de la prospérité : non pas du seul fait des lois du marché, mais parce que les lois de la politique ne suffisent plus à invalider leurs effets.
Ce raisonnement peut être encore affiné…
[…]
Faut-il pour autant conclure qu’une majorité révélée d’électeurs trouve son compte à la répartition des richesses actuelles ? Les 60% de gagnants abandonnent-ils le reste de la société à son destin au seul motif de l’arithmétique électorale ? Cette conclusion serait trop mécaniste : l’attitude vis-à-vis de la pauvreté n’est pas dictée seulement par sa propre position sociale. Les travaux de Thomas Piketty en attestent : les électeurs votent beaucoup plus souvent en fonction des « représentations » du monde qu’ils se donnent qu’en fonction de leur strict intérêt économique.
Souvent, comme le montre Piketty, la position sociale des parents compte beaucoup plus que la propre position sociale des électeurs pour déterminer leur vote.
Donnons ici un exemple plus direct de cette analyse.
Une expérience de psychologie appliquée a été faite, qui aidera à prendre la mesure de cette attitude face à la redistribution. On demande tout d’abord à dix enfants de faire un dessin. Lorsqu’ils sont faits, l’organisateur de l’expérience prend un dessin au hasard, annonce qu’il est le plus beau, et explique qu’il faut à son auteur une récompense : un billet de cent francs. Lorsque le prix est donné, l’éducateur murmure à son oreille qu’un des dix enfants est très malade, et qu’il pourrait être aidé grâce au billet de cent francs. Dans 90% des cas l’enfant donne son billet à son petit camarade. Les résultats de cette expérience sont ensuite comparés à une autre qui en modifie les données de la façon suivante. Au lieu d’attendre que les dessins soient faits pour révéler qu’un prix récompense le plus beau, l’éducateur annonce les règles dès le début : le plus beau dessin sera récompensé par un billet de cent francs. Lorsque les dessins sont faits et le plus beau dessin (pris au hasard, comme dans la première expérience) récompensé, l’éducateur répète les mêmes phrases concernant le petite camarade malade. La réponse de l’enfant est cette fois radicalement différente : dans la majorité des cas il conserve « son » billet.
Cette expérience témoigne d’une réalité simple et profonde : l’altruisme, le souci de l’autre, ne sont pas des données « intrinsèques » de la nature humaine, elles dépendent des le représentation qu’une individu aura du monde social auquel il appartient. Le premier enfant reçoit une récompense qu’il n’a pas prévue : elle le rend généreux ; le second enfant au contraire voit dans le billet de cent francs la récompense qu’il croit méritée de son effort : il devient égoïste…
Il y a plusieurs directions auxquelles cette anecdote peut conduire. La première permet de cerner la différence d’attitude qui s’exprime depuis la fin des trente glorieuses au sein même de l’Europe. Aussi longtemps qu’on gagne plus qu’on ne croyait recevoir, comme ce fût le cas dans les années d’après-guerre, on est généreux, on construit une protection sociale « pour tous ». A l’heure où il faut indéfiniment réviser à la baisse ses attentes, à l’inverse, on devient plus individualiste : on se bat pour « sa » caisse de retraite, sans prendre en compte la situation des autres.
Mais cette expérience permet également de saisir la différence d’attitude entre la France et les Etats-Unis. Lorsqu’on les interroge sur les causes du succès professionnel, les Français répondent : les relations, la chance…, tandis que les Américains répondent : l’ambition, le travail… Un Français qui a réussi est comme le premier enfant : il croit en sa chance. L’Américain ressemble au second : il croit en l’aboutissement de ses efforts, même si en pratique la réalité sociale et en fait très proche de part et d’autre de l’Atlantique (contrairement aux idées reçues, les tables de mobilité sociale sont en effet voisines l’une de l’autre en France et aux Etats-Unis). L’américanisation de la société que redoutent tant les Français est peut-être en train de se jouer aujourd’hui à ce niveau-là, dans le domaine des représentations de la société, dans une attitude plus « inquiète » au travail, dans une nouvelle image des efforts à faire pour assurer sa réussite professionnelle… »
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14.05.08
14 05 2008Hugues.
J’ai été un peu occupé ces derniers temps : je déménage, enfin, je vais déménager.
D’où des visites d’appartements à n’en plus finir, le soir, le week-end…
Lundi, journée de merde : début d’une infection au palais qui dure toujours (mais est suivie –vive la bouffe indienne dans les boui-bouis pas sûrs), maux de tête et fatigue oculaire, rien ne fonctionne au bureau (rien, mais alors rien du tout), Kama m’annonce qu’il vient de recevoir un courrier du Dhamma Giri a Igatpuri et qu’il a donc une place dans un cours de méditation (Vippassana) du 4 au 15 juin. Donc, nos plans de vacances à Calcutta et Bénarès du 8 au 15 patiemment concertés depuis deux semaines tombent à l’eau. Visites d’appartements avec Eamon jusqu’à des heures indues… bref, journée de merde, qui a eu raison de ma bonne volonté.
Depuis, ça va un peu mieux. On devrait prendre une décision rapidement concernant l’appartement. Rapidement, i.e. aujourd’hui.
Mon traitement (vive la médecine ayurvédique !) : gargarismes (to gargle : gargariser) à l’eau tiède salée, et vitamine B. Vous le saviez, vous, que l’eau salée était un bon antiseptique local ?
Sans transition – la photo que je n’ai pas prise, à laquelle j’ai repensé ce matin.
A Hampi, dans une des ruelles, désertée, le dimanche après midi, dans la chaleur estivale, sous un porche bleu-gris, un garçon se repose. Je ne sais pas, entre huit et dix ans, et contrairement aux autres qui courent et crient partout, celui-ci semble pensif. La lumière commence à retomber, des rayons filtrent à travers les planches du porche, il fait moite. A gauche du garçon, rompant avec le crépi blanc, une porte bleue entr’ouverte laisse entr’apercevoir une chaise et un table dans la pénombre. Deux poutres de bois complètent et cadrent le tableau.
J’ai été très con de ne pas la prendre, cette photo, elle aurait été franchement réussie… je me retrouve avec cette image mentale qui dont la description doit déjà déformer la réalité. Je ne sais déjà plus si le garçon était à même le sol terreux ou surélevé. Bref…
A bientôt.
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Second week-end à Bombay
7 05 2008Bombay valait bien un second week-end, surtout avec Kama et sa bande de copines des plus sympathiques. Donc, départ samedi pour Bombay, toujours en bus, pour assister à la fête de départ de Tanu, une vraie crème, qui vient d’achever sa licence de philosophie, et part quelques mois en Italie faire diverses choses, comme écrire des pièces de théâtre.
Incidemment, le père de Tanu est « responsible for hospitality » – i.e. chef du protocole – du gouverneur du Maharashtra. Le gouverneur est nommé par le gouvernement fédéral, c’est un peu l’équivalent du préfet. Ce qui m’a permis de visiter en exclusivité l’indécente résidence de ce dernier, à deux pas de bidonvilles trois étoiles avec vue sur la mer. En fait, au sud de Bombay se trouve une baie, appelée The Queen’s necklace – toutes les photos avec les buildings sont prises autour de cette baie. La résidence du gouverneur se trouve à l’ouest de cette jolie baie, avec petit parc, militaires en pompons, plage privée, héliport, etc. On ne se refuse rien. J’ai aussi pu visiter l’hôtel cinq étoiles du chief minister (tête de l’exécutif de l’Etat) pour ses invités de marque – tout aussi indécent, avant de retourner me goinfrer dans la même sympathique brasserie que le week-end précédent, le café Mondegar (incontournable). Je conseille aussi très très vivement le salon de thé Theobroma, qui fait des brownies au cookies, et puis des pains perdus, à se rouler par terre…
La gare historique de Bombay, Victoria Station, est proprement fantastique – ce que je veux dire par là, c’est que la gare de Lyon n’a qu’à aller se rhabiller à côté. Style gothique victorien, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, et siège de la compagnie des chemins de fer indienne. Je vous laisse juges.
A la demande générale, voici une photo de moi transpirant dans le local train.
Merci à mes nombreux lecteurs – dix-huit hier ; sachez que je vois les statistiques de consultation du blog, et que … vous êtes attentifs
. Tant mieux, sinon je déprimerais, menacerais de me couper les cheveux, d’arrêter de m’alimenter ou de me raser.
Pensées particulières pour Madou et Frédéric T.
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Week-end à Bombay
3 05 2008Bombay (dites Mumbai), capitale économique de l’Inde, 18 millions d’habitants, et ça se voit !
J’ai été à Bombay avec Kama, un étudiant en Lettres mauricien qui survit à Pune depuis cinq longues années ans, et connaît donc quelques gens sympathiques un peu partout dans ce merveilleux pays ; ce qui m’a permis de découvrir la ville avec plus d’authenticité – c’est important, l’authenticité.
Je dois admettre avoir squatté avec lui chez une de ses amies, Rachmi. Rachmi est une fille très intéressante qui travaille dans une ONG (décidément !) dont le but est de porter dans les médias les problèmes rencontrés par les femmes en Inde, indépendante, volontaire, cultivée, et, comble de la dépravation occidentale que la moralité réprouve, elle habite seule – sans mari, on s’entend.
Morale du voyage, j’ai mangé mon premier steak depuis un mois, ainsi que mon premier pain au chocolat, dans l’ancien quartier colonial, Colaba, qui est vraiment très joli… ah, le charme des vieilles pierres anglaises. Un manque total d’exotisme que j’ai su apprécier à sa juste valeur.
Sinon, déambulations dans la cité, sur la croisette locale, etc. Bref, j’y retourne ce week-end, faire la fête avec les mêmes énergumènes.
Sinon, lundi, je vais être interviewé par l’OIT (Organisation Internationale du Travail)… la classe, non ?
Ps. : vous connaissez le vin indien ? Non, bien sûr ! Il y a peut-être une raison…
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Le poids des mots…
25 04 2008…le choc des photos !
Histoire de te mettre dans le bain, chère lectrice, cher lecteur, voici une photo de mon arrêt de bus ce matin :
Cherchez Charlie…
J’aime bien le premier plan.
Pour plus de réalisme, une photo de l’intérieur du bus :
Le détail qui tue : en haut à gauche, la ficelle que l’on tire pour faire sonner la petite clochette, à côté du conducteur. Qu’on ne se méprenne pas, par contre : cette demi-heure de transports en commun demeure un moment privilégié de ma journée, cheveux au vent dans la brise matinale ; j’aime.
Sinon, il faut quand même préciser que l’on bat des records de températures en ce moment à Pune, 42,1°C enregistrés hier, on n’avait pas vu ça depuis depuis 1897 (j’ai bien écrit 1897) en avril ! Normalement, ça tourne plutôt autour de 32 – 35. L’été sera chaud.
Qui a vu Total Recall ? C’est une adaptation d’un bouquin de K. Dick, avec Schwarzy, qui se déroule sur une colonie martienne. A un moment, le système de ventilation est coupé dans une des zones de la base en proie à la rébellion. Les pauvres mutants se mettent alors à étouffer. Et bien lorsque le ventilateur se coupe (cf. “jeudi c’est shabbat”), c’est la première image qui me vient !
***
A toutes et tous, une lumineuse journée !
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Week-end à Hampi
23 04 2008Après un mois passé à Pune –déjà ! – à m’installer, déménager, travailler, me faire quelques relations, sentir l’ambiance, il était grand temps de sortir de là, et d’aller faire un peu de tourisme dans un endroit calme et aéré.
Cécile (cf. photo et post précédent) et moi avons donc profité du Mahavir Jayanti, un jour férié pour d’obscures raisons religieuses jaïnas, le 18 avril, pour faire une petite excursion de trois jours à Hampi.
Celle-ci commence donc à 23h30 le jeudi soir, avec trois heures d’attente du bus climatisé qui devait nous amener à bon port. Sympa. D’ailleurs, les bollywood movies en mi-anglais mi-hindi … pas de commentaires pour le moment, je vais essayer d’en voir d’autres, hein. Mais foin des critiques faciles !
Hampi, dans le Karnataka, état au sud du Maharashtra, abrite les vestiges de Vijayanagara, l’ancienne capitale de l’empire Vijayangar. Cet empire hindou a fleuri du XIVème au XVIème siècle en Inde du Sud, avant de s’écrouler en 1565, lorsque la cité fut mise à sac par une confédération des sultanats du Deccan. C’est balaud, me direz-vous, mais c’est ainsi.
Hampi est un site archéologique mémorable et impressionnant dans une vallée verdoyante, et continue d’être un centre religieux actif, notamment avec le temple Virupaksha.
Nous avons d’ailleurs pu le remarquer, débarquant dimanche en plein festival religieux, dont je dois admettre ne pas trop avoir bien compris le pourquoi du comment. Le fait est que ça grouillait d’indiens partout, qui balançaient des petites bananes fleuries sur un immense char. Pour le reste … mystère.
Sinon, en cette saison déjà plus-que-tiède, Hampi Bazar ressemblait surtout à un petit village typique vivant dans une superbe vallée et 26km² de ruines, certes touristique, mais pas que.
Il y a des chèvres, des vaches, des singes qui grimpent sur les pierres… des gavroches qui courent dans les ruelles.
Vendredi soir, nous avons visité le temple Virupaksha. Ils sont tous construits sur le même moule : une grosse tour devant, au dessus de l’entrée. Une cour intérieure, avec un temple principal au milieu, et des plus petits temples autour. Le gros temple se décompose en trois parties : une avancée de type rangée de colonnades (i.e. matrice de colonnes, tout le monde suit ?), une salle principale, et des salles sombres dont je suppose qu’elles servaient aux prêtres.
Samedi, escapade à vélo le matin… on peut dire qu’on a eu chaud. Mais on s’est fait tous les temples et tout le site « royal », avec les bains de la reine, un (très) grand palais en ruines, et d’autres plus petits.
Puis, las et transpirants, nous sommes rentrés nous mettre à l’ombre, avant de repartir le soir venu pour une très jolie ballade le long de la rivière, en direction d’un autre grand temple, le Vittala temple.
Dimanche, excellente idée : grimper la lointaine colline qui mène jusqu’au temple d’Hanuman. Et nous voilà partis le long du fleuve, puis petite coque ronde pour traverser la rivière, puis petite marche dans la campagne, les bananeraies et les rizières. Pas un seul européen en vue. Puis les choses se corsent ; un escalier blanc, trois cent mains serrées et une bouteille d’eau plus tard, nous arrivons en haut – et c’est haut, en effet.
Beaucoup d’enfants, mais aussi des adultes, demandent, avec des grands sourires et plus ou moins d’insistance, d’où l’on vient, nos prénoms, et si on veut bien les prendre en photo. Je remarque, et ce n’est pas forcément plus mal, que Cécile les intéresse beaucoup plus que moi.
On est revenus en rickshaw et en barque, finalement, hein… puis on s’est prélassés au Mango Tree Restaurant (conseillé par la Direction) deux ou trois heures durant, à siroter des lassis en attendant que le soleil redescende un peu, avant de se mêler à la foule dans l’avenue principale d’Hampi Bazar.
Ensuite, nous sommes retournés à Hospet – le hub pour Hampi – dans un bus rempli d’indiens, et ça, c’est drôle. Et hop, retour !
Il y a un album photo (à droite), et je vous conseille d’aller voir le blog de Cécile, qui définitivement est plus douée pour la photo que moi. Son article est là ; son blog est en lien à droite.
Point santé.
J’ai essuyé (!) ma première tourista (traveller sickness) ce week-end, et je dois dire que ce n’est pas très drôle. Moralité, j’étais encore plus pénible que d’habitude, version un peu moins guilleret. Un grand merci à Cécile, qui m’a supporté :-p trois jours non stop dans cet état.
Point info.
Deux jours à Hampi, c’est bien pour le faire calmement.
Aller-retour Pune-Hospet : 1700 Rs.
Une nuit dans une chambre deux places avec presque tout le confort moderne : 300 Rs.
Hospet-Hampi en rickshaw : 80 Rs.
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Miscellanées III
15 04 2008Pune, une des villes les plus polluées d’Inde… Fumer est superflu, respirer suffit. Et puis, ça pousse, ça pousse, des quartiers entier sortent de terre, c’est aussi une des villes au monde où la croissance est la plus importante – en terme d’habitants qui s’agglomèrent, de bâtiments, je ne sais pas, mais quatre personnes différentes me l’ont dit, donc il doit y avoir statistiquement un fond de vérité. C’est marrant, parce qu’en fait, une construction = un village qui se déplace, s’installe sur place, dort sur le chantier, construit tout et puis repart.
***
Sinon, il est 11h, et … il fait chaud. Et demain, ce sera pire. Lorsque même le matin à sept heures le fond de l’air est tiède, on commence à s’inquiéter, et à se dire que finalement on sautera peut être partout dans une ambiance de liesse lors des premières pluies.
***
J’ai pris le bus, j’ai demandé où je devais descendre. A un moment, on me fait « c’est là, vas-y ». Donc, ben … j’ai sauté du bus en marche. De toute façon, il n’y a pas de porte.
***
Tous les midis en semaine, je commande un plat dans le restaurant d’en dessous. Un plat différent, choisi par un collègue. Dans l’écrasante majorité des cas, le commentaire est le suivant « Mais c’est vachement bon ce truc… mais qu’est ce que ça peut bien être ? » (Parfois, le commentaire est aussi le suivant, « p***, mais ça arrache la g*** ce truc, au secours ! ») Typiquement, la semaine dernière, j’ai mangé des espèces de boulettes sucrées-salées trempant dans une sauce blanchâtre (plus blanchâtre que sur la photo, je vous assure). Afin de mourir moins bête, j’ai décidé de garder les tickets, avec les noms des fameux plats. Et j’ai acheté un bouquin de cuisine indienne, alors attention ! En exclusivité, voici le malai kofta :
Les ingrédients, c’est assez simple : (vous me pardonnerez si je ne traduis pas)
- For the koftas:
- 2 cups peeled and diced boiled potatoes
- 1 cup mixed vegetables (carrots, beans, peas, sweet corn) boiled
- 1 cup paneer cubes
- 2 tbsps of thickened/ heavy/ double cream
- 1 tsp cumin powder
- 1 tsp coriander powder
- 1/2 tsp red chilli powder
- 1/2 cup chopped nuts (almonds, walnuts and cashewnuts)
- 1/4 raisins chopped fine
- Salt to taste
- Vegetable/ canola/ sunflower cooking oil to fry the koftas
- For the sauce:
- 3 tbsps vegetable/ canola/ sunflower cooking oil
- 2 large onions quartered
- 2 tomatoes quartered
- 2 tbsps garlic paste
- 1 tbsp ginger paste
- 2 tsps coriander powder
- 1 tbsp cumin powder
- 1/2 tsp red chilli powder
- 1 tsp poppy seeds lightly roasted and ground into a powder
- 3 tbsps nuts (cashews and almonds) ground into a thick paste
- Salt to taste
- 2 tsps garam masala
Bref… la recette ici, pour les courageux :
http://indianfood.about.com/od/vegetarianrecipes/r/malaikofta.htm
***
Un peu de vocabulaire de base pour réviser (vous remarquerez que je ne vous noie pas dessous)
Sibling : frère ou sœur ; un peu comme Geschwester en teuton, vous voyez ?
To tally : compter/calculer
bedcover et pillow : couverture/drap et oreiller (très pratique quand on doit en acheter)
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10.04.07 orientation meeting
11 04 2008Hier, orientation meeting dans un autre bidonville.
Très précisément, dans le bureau, là.
Il s’agit d’une réunion à laquelle assiste tout nouvel arrivant potentiel ; il a été démarché auparavant en porte-à-porte, ou bien avait de lui-même approché l’association.
En fait, la plupart des gens viennent pour un prêt ou un renouvellement de prêt, donc de la micro-finance, qui est gérée par une autre association du réseau Uplift. Mais mais mais … avant d’avoir des infos sur les prêts, ils auront un gros speech d’une bonne heure sur la mutuelle de santé – qui est obligatoire pour contracter un prêt (subtil, hein – ça s’appelle de la vente liée).
Donc, réunion :
Chacun explique les motifs de sa présence ; puis un homme qui vient pour un renouvellement de prêt et a eu un problème de santé explique avec une certaine emphase comment cette mutuelle l’a aidé. (« success story ») Cette fois, la traduction instantanée l’était beaucoup moins, donc je resterai plus vague, si ça ne vous dérange pas. Ensuite, la responsable du bureau prend la parole pour rassurer les gens sur les hôpitaux publics membres du réseau – le lieu commun serait qu’on y meurt plus qu’on y guérit – et expliquer les différences avec les hôpitaux privés. Puis elle se lance dans la description du produit d’assurance ; à grand renfort de pancartes affichées dans la salle, elle explique à quels types de problèmes l’assurance santé est destinée, les exclusions, les prix par personne et par famille, comment déposer une claim, le processus de remboursement durant les claim meetings.
Les participants sont pour la plupart illettrés – ils savent écrire leur nom et leur prénom. Ils ont l’air très intéressés.
D’autre part, j’ai aussi assisté à un petit audit durant cette visite… les process en cours dans mon ONG m’impressionnent en terme d’organisation – comme si on avait voulu compenser un manque potentiel d’organisation ou une tendance à la désinvolture par un attirail très poussé de démarches de contrôle, dont je ne sais pas dans quelle mesure elles sont toutes nécessaires. Bon, en tout cas, ça rationnalise à fond les ballons, et mon ONG, sur tout ce qui est déjà en cours, elle fonctionne, et plutôt au doigt et à la baguette qu’autre chose.
J’ai pris une photo d’enfants à la porte, parce qu’ils me l’ont demandé. Ils sont trognons, hein ?
On en ramènerait bien un ou deux en France, après avoir fait croire à leurs parents que …euh … pardon, je m’égare, c’est pas très corporate.
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